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Après son abandon officiel sur le Vendée Globe hier, Sébastien Simon a rallié Cape Town en Afrique du Sud. Arrivé à 18h00 HF, le skipper sablais a été accueilli sur place par Sam Davies, contrainte elle aussi à l’abandon sur le tour du monde. Les deux marins, qui vivent la même déception, ont échangé quelques mots dès l’arrivée de Sébastien au ponton.

Alors que sa propre équipe est en transit pour rejoindre l’Afrique du Sud, Sébastien a pu profiter de la solidarité légendaire entre les gens de mer. Les teams Hugo Boss et Initiatives-Cœur étaient, en effet, présents pour amarrer ARKEA PAPREC au ponton du port sud-africain.

Dès demain, Sébastien sera rejoint par une partie de son équipe technique afin d’établir un premier état des lieux des dégâts causés lors de l’avarie. Pour rappel, un choc avec un OFNI a fortement endommagé le foil tribord et son puits. Une cloison ainsi que le soufflet de palonnier de safran sont également dégradés. En fonction des préconisations des experts qui font également le déplacement en Afrique du Sud, le team ARKEA PAPREC pourra évaluer le niveau des travaux à effectuer sur place puis prendra la décision de ramener l’Imoca en France, par la mer ou en cargo.

 

Sébastien Simon, à son arrivée à Cape Town

« Me voilà à Cape Town ! Je suis forcément un peu déçu d’abandonner ce Vendée Globe, c’est très frustrant. Je voulais aller au bout de cette course mais ça fait clairement partie du jeu. J’ai eu le temps pendant les trois jours pour venir ici de relativiser un peu, de prendre du recul. J’ai vu tout le soutien qui m’était accordé de la part de mes partenaires, de mes proches et tous mes supporters. Et c’est quelque chose qui me touche énormément. Je suis finalement assez satisfait. Même si c’est un coup du sort, j’ai envie de revenir, de refaire un Vendée Globe en 2024. J’ai envie d’arriver encore mieux préparé, encore plus déterminé, encore plus fort. Ça me servira d’expérience. C’est une aventure extraordinaire. J’ai eu la chance d’y participer. Je n’aurais pas rêvé mieux. Ce qui m’intéressait, c’était le projet sportif plutôt que l’aventure. Pour autant, je me suis fait carrément bouffer par l’aventure. On est pris dedans, c’est passionnant.

La veille de mon avarie, j’ai été dérouté pour aller sauver Kevin. C’est Jean Le Cam qui l’a trouvé. Ça a été une expérience inédite, incroyable. Honnêtement, j’ai eu très peur, j’ai eu peur de perdre Kevin. Les conditions étaient dantesques. Heureusement, on l’a retrouvé. J’ai pu reprendre ma course. J’étais 4e. J’essayais de maîtriser mon bateau pour l’emmener au bout de ce Vendée Globe et pouvoir accélérer après. Mon bateau a un super potentiel et je suis persuadé que j’aurais pu faire une super place. Ça fait partie du jeu. A moi de reconstruire le projet, de remobiliser tout le monde. Je remercie tout le monde. C’est incroyable comme course, c’est incroyable comme projet. Et j’ai hâte de revenir.

Je remercie les concurrents, j’ai reçu plein de messages. Plein de soutien. Je leur souhaite de prendre bien soin d’eux, d’aller au bout du Vendée Globe et de se faire plaisir. Il y a des moments qui sont durs mais il y a des petits moments où on se sent bien sur le bateau. Et ceux-là, il ne faut pas les oublier. Ce sont ceux-là les plus magiques. »