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A l’approche du Cap de Bonne Espérance qu’il devrait parer mardi, Sébastien Simon n’en finit pas de faire parler la poudre avec son ARKEA PAPREC. Désormais bien installé dans le groupe de poursuivants, il occupe la 7e place du classement et progresse bord à bord avec Yannick Bestaven et non loin de Jean Le Cam et Kevin Escoffier. Le groupe se rapproche de Thomas Ruyant (2e) affaibli par ses soucis de foils. Sébastien est désormais à 137 milles du tableau arrière de LinkedOut. Charlie Dalin lui poursuit sa course en tête. 

Cette position d’attaque est particulièrement stimulante pour Seb, expert de la régate au contact. Mais il sait que ce dimanche est une journée à enjeu et il a voulu cette nuit accumuler un peu de sommeil pour avoir la tête claire pour prendre les bonnes décisions. Avec ses adversaires, il va en effet devoir gérer le passage d’un front et caler un empannage important qui va lui faire faire une route au sud-est, en convergence vers la Zone d’Exclusion Antarctique. A l’arrière du front et dans un vent de Sud Ouest, il faudra continuer à faire avancer vite ARKEA PAPREC pour revenir notamment sur Jean Le Cam qui navigue depuis trois semaines de manière remarquable. Mais cette fois, Yes We Cam devrait voir fondre sur lui les foilers, le match à suivre se jouera donc entre des bateaux puissants de nouvelle génération ou plus anciens. C’est l’Océan Indien désormais qui les attend. Tout un programme pour Sébastien qui semble en adéquation parfaite avec son bateau dans ces conditions de navigation nouvelles qu’il découvre chaque jour un peu plus.    

 

Sébastien Simon ce matin

« Je viens de me réveiller, et c’est un peu la première fois que j’ai trouvé un bon sommeil. Je suis toujours dans un flux de Nord-Ouest, mais le front ne va pas tarder à me passer dessus. En ce moment, ça va vite et ça nous change de ce que nous avons vécu ces derniers jours : il faut se réhabituer car ce n’est pas très confortable, c’est très vite humide et on serre les fesses parce que ça va durer quelques jours !

Il y a plein de monde autour de moi car je suis dans un petit groupe intéressant avec Boris (Herrmann), Kevin (Escoffier) et Yannick (Bestaven). J’espère qu’on va pouvoir se battre pendant quelque temps… Et puis plus loin, il y a Thomas (Ruyant) et Jean (Le Cam) qui revient d’une situation bloquée dans l’anticyclone de Sainte-Hélène : c’est une sacrée course !
Dans la matinée, je vais devoir empanner et, du coup, ça va me faire plonger vers la Zone d’Exclusion Antarctique (ZEA) un petit peu avant les îles de Crozet. Je vais rester le plus longtemps possible dans le flux de cette dépression australe parce qu’ensuite, on se fera rattraper par un anticyclone. Plus je serai rapide ces prochaines heures, mieux ce sera pour la suite. Le bateau va bien et les foils, qui sont les mêmes qu’avant, sont solides : il n’y a pas de surprises.
Je n’ai jamais passé autant de temps tout seul en mer, mais je n’ai pas vu le temps passer. C’est un peu compliqué pour moi, parce qu’il n’y a plus de girouette et ce n’est pas facile de contrôler le bateau avec le pilote en mode compas. Je crois que je vais retourner dormir parce qu’il faut que je prépare bien mon prochain empannage ! »