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Les dés sont jetés, les options sont prises et il va maintenant falloir aller vite pour gagner le sud ! Alors que Jean Le Cam fait de la résistance au nord du front froid qui coupe Sainte-Hélène en deux, les poursuivants ont tous décidé de faire le tour par l’ouest. 

Même si Sébastien Simon est encore aux prises avec un vent faible et instable, le skipper d’ARKEA PAPREC a parcouru 106,7 milles entre 22 heures et 5 heures du matin pendant que Charlie Dalin bougeait lui de 28,5 milles. Grâce à son avance, le leader du Vendée Globe devrait tout de même réussir à échapper à la bulle anticyclonique qui est en train de se rapprocher de lui.

Au classement de 12h00, Sébastien est 7e et avance à une dizaine de nœuds au portant. Dans la journée, le vent devrait encore mollir et donner du fil à retordre à Sébastien qui n’a qu’une hâte : sortir de cet anticyclone et attraper le train des dépressions australes. Le skipper sablais va entrer dans des territoires inconnus pour lui mais il le sait, s’il arrive à temps, la suite sera composée de grandes glissades avec son foiler vers les îles Kerguelen.

 

Sébastien Simon joint ce midi

« Le vent devrait mollir encore dans les heures qui viennent. Ça va être une journée un peu compliquée où il va falloir faire le tour de cet anticyclone. Dès que l’on sera dans son sud, on va commencer à prendre le train des dépressions australes et ça devrait apporter de bonnes glissades ! J’ai vraiment hâte, cela va être un moment sympa jusqu’à Bonne Espérance voire plus loin, jusqu’aux Kerguelen. Il va falloir s’accrocher. En attendant, il faut rester concentré pour ne pas rater le train. C’est un moment important. Le groupe de l’ouest va sans doute passer devant moi mais les écarts ne devraient pas être immenses. J’espère rester au contact voire passer devant le groupe de l’est. Je vais rester dans ce paquet, c’est déjà un beau défi. Ce seront de bons lièvres ! Je n’aurai plus qu’à faire avancer le bateau comme je l’ai fait après le Pot au noir. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de mer au début. Quand le front de la dépression australe va nous rattraper, ça va être un peu plus costaud. Les conditions, au moins au départ, vont être hyper sympas. Il va bien falloir caler le bateau et une fois qu’il aura sa bonne vitesse, ça va être de la glisse jusqu’au bout ! Quand on arrivera aux Kerguelen, après avoir suivi cette dépression aussi longtemps et en ayant traversé le front, on sera bien fatigué ! 

Je n’ai pas beaucoup dormi car le vent était très irrégulier. Je m’étais bien reposé avant pour justement passer cette nuit à essayer d’aller vite. Au portant, ma girouette placée à l’arrière du bateau ne capte pas bien le vent et ne tourne pas. Je n’ai donc pas d’information, je suis à l’aveugle. Je me suis fait avoir cette nuit car j’ai mis le pilote automatique en mode vent et j’ai fait un 360° ! Donc je suis repassé en mode compas. Ça me bouffe forcément de l’énergie et puis, je ne suis pas très à l’aise dans les petits airs. J’aimerais mieux faire voler le bateau même si, ça fait du bien quand le bateau est plus calme ! Cette avarie est pénalisante mais le reste du bateau va bien. J’ai montré que même sans girouette, je pouvais aller très vite donc maintenant, c’est à moi de jouer. Il y aura forcément des moments plus compliqués mais je ferai avec. Chacun fait avec ses petits problèmes finalement. Il me semblait important cette nuit de m’appliquer sur la vitesse. »