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Sébastien Simon ne boudait pas son plaisir d’entendre, hier, son bateau glisser dans les alizés ! Même ambiance aujourd’hui à bord d’ARKEA PAPREC : des alizés légers mais réguliers d’une douzaine de nœuds poussent le bateau à des allures moyennes autour de 20 nœuds vers le sud, vers le Pot au noir*. À bord, quand un poisson volant ne vient pas le déranger, le skipper sablais a les yeux rivés sur les fichiers météo afin d’étudier l’évolution de cette zone. Même si elle semble simple à traverser pour le moment, méfiance ! Car tout peut changer très vite et Sébastien le sait. L’enjeu sera de trouver le bon passage, entre les nuages et les zones de molle, pour continuer à grappiller du terrain sur ses concurrents. Le leader de la flotte, Alex Thomson, est entré dans le Pot ce mardi matin. Sébastien devrait, lui, y être demain et en sortir jeudi pour aller à la rencontre des alizés de sud-est.

Sébastien Simon joint par téléphone

« J’étais un peu moins rapide cette nuit dans le dévent des îles du Cap Vert mais aujourd’hui, on va encore profiter des alizés. Ça va aller assez vite, ce sera sympa !

Ce matin, j’ai découvert un album photos que m’avait laissé ma grand-mère dans mon sac de nourriture du jour avec des souvenirs de mon grand-père et moi. J’ai aussi des cartes postales que mon père a écrites. C’était séquence émotion à bord !

Aujourd’hui, je vais me concentrer sur la météo et mettre en pratique les cours que j’ai suivis pour analyser l’évolution du Pot au noir. Pour l’instant, il n’a pas l’air si compliqué, il semble qu’il y ait toujours un peu de vent dans cette zone. Mais par moments, il est positionné plus au nord donc j’ai peur qu’il descende avec nous. Je me méfie de cette zone. Cette nuit, il y a une onde d’est** qui a traversé le Pot au noir alors qu’elle n’était pas prévue sur les fichiers d’hier soir. Il peut encore se passer plein de choses. Même s’il parait simple aujourd’hui d’un point de vue météo, il faut surveiller son évolution. Je devrais y être demain en milieu de journée. »

 

* Zone de convergence intertropicale où les conditions sont instables et difficilement prévisibles. Des grains forts alternent avec des zones sans vent. C’est une zone redoutée des marins. 

** Les ondes d’Est se déplacent de l’Afrique vers les Antilles. Elles marquent souvent une zone fortement convective avec une zone de molle dans leur Sud. On les reconnaît par une petite déformation des isobares qui forment une petite vague, d’où leur nom anglais « tropical wave ». Les skippers feront tout pour éviter ces ondes d’Est. Sachant qu’elle se déplacent vers l’Ouest, ils tenteront souvent de les contourner par l’Est, du côté où l’alizé se reconstitue.